Le P2V - Migration machine physique en machine virtuelle

Cet article a pour but de décrire le fonctionnement de la migration d'une machine physique en machine virtuelle, processus nommé P2V.

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I. Sommaire

Cet article a pour but de décrire le fonctionnement de la migration d'une machine physique en machine virtuelle, processus nommé P2V.

Les essais présentés ont été essentiellement effectués avec Windows XP et Linux Debian 7. Par manque de ressources matérielles, les exemples de transfert de machine virtuelle ont été effectués entre VirtualBox et VMWare Player.

Deux types de migration sont possibles :

  • la migration à chaud ;
  • la migration à froid.

Je rajouterai à cela une « migration à tiède » : expression de mon propre chef permettant de palier, du moins en partie, un manque de possibilité de migration à chaud dans le cas où les produits existants ne le permettent pas ou si l'on ne souhaite pas utiliser de produits payants.

I-A. Abréviations utilisées

  • P2V : Physical To Virtual - physique vers virtuel.
  • V2V : Virtual To Virtual - virtuel vers virtuel.
  • V2P : Virtual to Physical - virtuel vers physique.
  • VM : Virtual Machine - machine virtuelle.

II. Migration à chaud

La migration à chaud consiste à effectuer la migration en VM sans arrêter la machine physique de façon transparente.

Ce processus comporte les étapes suivantes :

  • création de la machine virtuelle ;
  • transfert du contenu de la machine physique dans la machine virtuelle tout en la laissant en production ;
  • ajout des additions invités ;
  • tests sans arrêt de la machine physique une fois la copie effectuée ;
  • application du delta(1) depuis la création de la VM ;
  • arrêt de la machine physique.

Pour utiliser ce processus, il faut que le produit utilisé supporte :

  • l'hyperviseur de destination ;
  • le système d'exploitation source.

Le principe de fonctionnement

Une console d'accès permet de gérer les opérations. Un agent est installé sur le poste à virtualiser soit automatiquement, quand l'application le permet, soit manuellement. La console sert à déclencher la procédure et à la suivre. Les informations nécessaires à la console pour effectuer la migration sont :

  • la machine source ;
  • la destination (serveur, image VM) ;
  • les réglages (disques sources à migrer, réglages réseaux machine destination).

Les écrans des consoles des différents produits sont relativement similaires.

II-A. VMWare Converter

VMWare Converter permet de transférer à chaud une machine physique vers un serveur ESX/GS X. À partir du logiciel, il faudra sélectionner la source (soit la machine sur laquelle est installé VMWare Converter, soit une machine sur le réseau).

Voici les étapes de la migration :

  • sélection de la source (locale si virtualisation de la machine sur laquelle est présent VMWware Converter), on peut sélectionner tous les disques (s'il y en a plusieurs) ou un seul, puis les redimensionner. Attention à désélectionner les volumes réseaux ou disques externes (sauf si on souhaite les sélectionner) ;
  • sélection du serveur de destination et fourniture des paramètres d'authentification ;
  • réglages (disque dur extensible ou fixe, paramètres réseau) ;
  • personnalisation de la VM (installation additions, changement nom machine, etc.).

Il est également possible d'utiliser une version live-cd nommée ColdClone et basée sur Windows PE. Une fois le live-cd booté, l'interface est la même.

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Ci-dessus, l'écran principal de la procédure de conversion permet de voir l'essentiel des informations à communiquer.

II-B. Xenconvert

Xenconvert permet de convertir une machine physique vers Xen Server. Il nécessite .Net framework 4. Il n'y a pas de version Linux.

Le 1er écran permet de choisir la source et la destination. La source sera la machine en cours (this machine) et la destination sera soit un fichier .ovf (open virtualization format), soit le placement sur Xenserver.

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Dans le cas d'un placement sur un XenServer, il faut entrer l'adresse de celui-ci, le nom d'utilisateur, le mot de passe et le workspace.

L'exemple ci-dessus va générer un fichier .ovf.

L'écran suivant sert à sélectionner les volumes à virtualiser, j'ai enlevé le disque E : sur lequel je stockerai le fichier ovf. Dans la seconde partie de l'écran, j'ai redimensionné le disque (cela est optionnel). Mon disque d'origine pèse 40 Go dont 9 Go sont utilisés, j'ai mis 10 Go de disque de libre. Le disque fera donc 19 Go. Ce dernier n'est pas un chiffre rond comme un disque réel, mais ne gênera pas la virtualisation.

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L'écran suivant permet la sélection de l'emplacement de stockage. Je crée un fichier .ova compressé plutôt qu'un ovf.

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L'écran suivant permet de rentrer  le nom de la VM :

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La conversion commence. L'application commence par créer un fichier .vhd du nom de la VM dans le disque de destination. Sur l'écran ci-dessous, on peut voir celui-ci dans la fenêtre du disque E :, car j'ai mis la destination à cet endroit. Ce fichier .vhd est ensuite monté et formaté. Le registre est ensuite copié dessus, puis tous les autres fichiers de la source. Sur l'écran suivant, on voit le disque F : (point de montage de e:\totof-vm.vhd) en cours de remplissage.

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Une fois la copie terminée, le fichier .vhd est démonté puis compressé (suite à ma demande de mise en format .ova au lieu d'ovf).

Extraits du log de conversion :

 
Sélectionnez
Converting boot files...
Citrix XenTools is not installed.
Configuring Xen boot devices in control set ControlSet001...
Using service image path system32\DRIVERS\intelide.sys.
Using service image path system32\DRIVERS\atapi.sys.
Service image path ControlSet001\Services\pciide\ImagePath is missing. Le fichier spécifié est introuvable. (0x00000002)
Using service image path system32\DRIVERS\pciide.sys.
Service image \\?\Volume{aba2abcc-ed72-11e3-b396-000c29e9ad4b}\WINDOWS\system32\DRIVERS\pciide.sys was not installed.
Searching for pciide.sys in cabinet C:\WINDOWS\driver cache\i386\SP3.cab...
Searching for pciide.sys in cabinet C:\WINDOWS\driver cache\i386\driver.cab...
Installed service image \\?\Volume{aba2abcc-ed72-11e3-b396-000c29e9ad4b}\WINDOWS\system32\DRIVERS\pciide.sys.
Set service start type to type 0.
Adding IntelIde to critical device database...succeeded
Adding Ide channel to critical device database...succeeded
Using service image path system32\DRIVERS\i8042prt.sys.
Disabling Microsoft Virtual Server service 1-driver-vmsrvc in ControlSet001.
Disabling Microsoft Virtual Server service 1-vmsrvc in ControlSet001.
Disabling Microsoft Virtual Server service MRxVPC in ControlSet001.
Disabling Microsoft Virtual Server service VPCMap in ControlSet001.
Configuring Xen boot devices in control set ControlSet003...
Using service image path system32\DRIVERS\intelide.sys.
Using service image path system32\DRIVERS\atapi.sys.
Service image path ControlSet003\Services\pciide\ImagePath is missing. Le fichier spécifié est introuvable. (0x00000002)
Using service image path system32\DRIVERS\pciide.sys.
Set service start type to type 0.
Adding IntelIde to critical device database...succeeded
Adding Ide channel to critical device database...succeeded
Using service image path system32\DRIVERS\i8042prt.sys.
Disabling Microsoft Virtual Server service 1-driver-vmsrvc in ControlSet003.
Disabling Microsoft Virtual Server service 1-vmsrvc in ControlSet003.
Disabling Microsoft Virtual Server service MRxVPC in ControlSet003.
Disabling Microsoft Virtual Server service VPCMap in ControlSet003.
Restarting special services...
Volume to Volume stopped at vendredi 6 juin 2014 15:00:46
Volume to Volume lasted 3205,0 seconds
Physical to Disk stopped at vendredi 6 juin 2014 15:00:46
Physical to Disk lasted 3212,5 seconds
IOCTL_MOUNTMGR_SET_AUTO_MOUNT is not available before Windows Server 2003.
Dismounting VHD...
Physical to VHD stopped at vendredi 6 juin 2014 15:00:51
Physical to VHD lasted 3218,4 seconds
Creating the OVF Package...
Compressing OVF Package...
Creating OVA...
Physical to OVF Package stopped at vendredi 6 juin 2014 15:38:48
Physical to OVF Package lasted 5496,0 seconds

On voit toute la procédure. On remarque qu'il y a analyse du registre (recherche de fichiers .sys), cela afin de faire une abstraction du matériel pour la partie HAL.

Le fichier .ova créé n'est utilisable ni avec VMWare, ni avec Virtualbox ; d'une part, la licence ne le permet pas et d'autre part, techniquement le fichier n'est pas reconnu. En ouvrant le fichier .ova avec Winrar, celui-ci contient un fichier.ovf, un fichier .pvp et un fichier .vhd. Il n'est pas possible de monter le fichier .vhd en l'extrayant. Par ailleurs, un fichier au format .ova contient normalement un fichier .vmdk et non un fichier .vhd.

Pourquoi vhd ? Car Citrix, acteur industriel de Xen, travaille en étroite collaboration avec Microsoft. Hyper-V provient de cette collaboration (au moins en partie).

II-C. PlateSpin

PlateSpin est un produit de Netiq. L'avantage de PlateSpin est d'être multi-hyperviseur et multiplateforme. Il est adapté à la migration de masse et régulière. Il permet également la migration d'une machine physique vers une autre machine physique, d'une machine virtuelle vers une autre machine virtuelle et d'une machine virtuelle vers une machine physique.

Il nécessite Windows 2003 Server avec .Net Framework 3,5 et IIS 6 ou Windows 2008 Server et IIS 7.

Systèmes d'exploitation
de poste de travail pris
en charge

Hyperviseurs pris en
charge

   

Windows NT 4
Windows 2000
Windows XP Professionnel
Windows Vista (32 et 64 bits)
Windows Server 2008 (32 et 64 bits)
Windows Server 2008 R2
Windows Server 2003 (32 et 64 bits)
SUSE Linux Enterprise Server (32 et 64 bits)
Red Hat Linux (32 et 64 bits)
Sun Solaris (SPARC)
Novell Open Enterprise Server 2 (OES 2)

VMware ESX
VMware ESXi
Microsoft Hyper-V
SUSE Linux Enterprise avec Xen
Citrix XenServer
Conteneurs Solaris

Voici des écrans de l'interface :

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II-D. Double-take MOVE

Double Take MOVE est un produit de la société Vision Solutions.

Celui-ci supporte les systèmes suivants :

  • Windows 2003, 2008, 2012 ;
  • Red Hat Enterprise Linux ;
  • CentOS versions : 4.8, 4.9, 5.6, 5.7, 6.1, 6.2 ;
  • Oracle Enterprise Linux versions : 5.6, 5.7, 6.1, 6.2 ;
  • SUSE Linux Enterprise Server versions : 10.3, 10.4, 11.0, 11.1.

Double-Take MOVE sert plutôt à la tolérance de panne. Combiné à Double-Take Availability, il permet de garder des serveurs virtuels synchronisés et de basculer dessus si le serveur source est HS.

III. Migration à froid

La migration à froid signifie la migration d'une machine physique avec arrêt de celle-ci pendant le processus. Le système de la machine physique doit être mis en l'état dans une VM. Celle-ci s'effectuera simplement par sauvegarde de la machine physique et restauration dans la VM après création de cette dernière au plus proche de la machine réelle. La sauvegarde sera effectuée sur un disque dur USB qui sera relié à la VM pour la restauration.

La machine virtuelle sera préparée pour accueillir la restauration : même nombre de disques, taille mémoire identique, installation contrôleur IDE/SATA selon la situation. Nous verrons aussi l'utilisation de produits tiers.

Le principe est identique quel que soit l'hyperviseur de destination et le système source. Une fois la restauration effectuée, il ne faudra pas oublier d'installer les additions invités.

III-A. Les différents systèmes

Les systèmes Windows sont très liés au matériel, si vous montez un disque dur contenant un système Windows sur une machine différente, il est fort probable que vous vous trouviez face à un BSOD (Blue Screen Of Death : écran bleu de la mort). Afin de pallier cela, et avant de virtualiser ,il faudra appliquer les modifications suivantes dans le registre. Ces modifications se nomment MergeIDE.

MergeIDE est disponible ici

Si le poste est en panne ou que la sauvegarde a déjà été effectuée, il est possible de le faire depuis un live-cd Windows (Windows PE). Il faut dans ce cas charger la ruche SYSTEM du Windows offline dans le regedit du Windows en cours d'exécution. Le fichier ruche SYSTEM se trouve dans c:\windows\system32\config. Quand vous chargerez cette ruche, regedit vous demandera un nom de dossier. Il faudra ensuite dans mergeide remplacer toutes les références à "HKEY_LOCAL_MACHINE\SYSTEM\CurrentControlSet\" par "HKEY_LOCAL_MACHINE\[le nom de votre dossier]\ControlSet001\"

III-A-1. Cas XP

Pour transformer une machine physique XP en VM, nous allons utiliser le système de sauvegarde intégré au système : NTBackup. Il est important de sélectionner l'état système de façon à avoir un système opérationnel. Je recommande de n'avoir aucune application ouverte, de désactiver l'antivirus ainsi que les services tels que SQL Server, si ceux-ci sont présents, de façon à avoir une sauvegarde avec moins de risque de problèmes et plus rapide.

NTBackup n'est pas installé sur Windows XP Home, mais est téléchargeable ici.

Pour restaurer celle-ci, on installera un XP de base dans une VM. Une fois l'installation effectuée, on restaurera notre sauvegarde. Lors du premier redémarrage, Windows XP devrait demander à activer le système, le « matériel » ayant changé. Il se peut que les 1ers démarrages génèrent un plantage, le démarrage en mode sans échec peut permettre de régler le problème automatiquement en réinstallant des pilotes et, si nécessaire, en effectuant de la maintenance. Certains logiciels protégés peuvent détecter qu'ils ne sont plus sur la même machine et ne plus fonctionner ou demander à se réactiver comme Windows. Il faudra gérer ceci au cas par cas. Il faudra penser à installer les additions invités de façon à ce que les drivers soient correctement installés.

Dans le cas où votre Windows XP était préinstallé sur un disque SATA (cas de machines de marque par exemple), il faudra dans un 1er temps installer un XP de base sur un disque IDE. Une fois celui-ci installé, il faudra ajouter un contrôleur SATA et installer les drivers. Ensuite, il faudra supprimer le disque virtuel (sans suppression de fichier) et le mettre dans le contrôleur SATA. La meilleure solution consiste à modifier la base de registre et extraire quelques fichiers tel qu'expliqué ici sur le système d'origine avant la sauvegarde.

Solution testée avec VirtualBox :

  • installation de base en IDE ;
  • ajout d'un contrôleur SATA ;
  • reboot de la VM ;
  • installation des pilotes pour le contrôleur SATA ;
  • arrêt de la VM ;
  • suppression du disque du contrôleur IDE (sans suppression du fichier) depuis l'interface VirtualBox ;
  • ajout de ce fichier au contrôleur SATA.

Au reboot, le XP boote sur un disque SATA. De là, la restauration du NTBackup se fera sans BSOD.

III-A-2. Windows 2003 Server

La méthode XP est applicable pour Windows 2003 avec les remarques suivantes :

  • dans le cas d'un contrôleur de domaine, il est important que la configuration réseau ne soit pas modifiée (adresses IP notamment) ;
  • par ailleurs, dans le cas de plusieurs contrôleurs, il faut s'assurer que les réplications AD (Active Directory) soient à jour et que la synchronisation du temps entre la VM et la machine hôte soit désactivée.

Virtualbox en ligne de commande :

 
Sélectionnez
vboxmanage setextradata <vmname> “VBoxInternal/Devices/VMMDev/0/Config/GetHostTimeDisabled” “1″

VMWare :

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III-A-3. Cas Vista/Windows 7/Windows 8

Pour effectuer une sauvegarde avec les outils système, il faut aller dans le panneau de configuration->Sauvegarder et restaurer, puis créer une image système. Il est possible de le faire également en ligne de commande avec Wdadmin, mais cet outil est plus adapté aux versions serveur.

La sauvegarde sera restaurée soit une fois un système de base installé, soit depuis le DVD d'installation ou un DVD de restauration dans la VM (fichier .iso ou accès direct au DVD de l'hôte).

Après avoir booté sur le support, il faut sélectionner « réparer l'ordinateur » :

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III-A-4. Windows 2008 et 2012 Server

Concernant les domaines 2008 ou 2012, les mêmes règles sont applicables qu'avec Windows 2003.

III-A-5. Mac OS X

La virtualisation est possible sur Mac OS X depuis l'utilisation des processeurs Intel à la place des processeurs PowerPC ne contenant pas de fonctions de virtualisation. Les systèmes antérieurs à Mac OS X 10.4.x, premiers systèmes supportant les processeurs Intel ne seront donc pas virtualisables.

Bien que techniquement possible, la virtualisation de Mac OX X sur autre chose qu'un Mac est interdite par Apple, qui bloque au maximum cette possibilité.

Les solutions présentes sur Internet sont donc illégales. Elles sont nommées Hackintosh (le nom est explicite).

Les logiciels de virtualisation disponibles sur Mac sont :

  • VirtualBox (gratuit)
  • VMWare fusion (payant)
  • Parallel's Desktop (payant)

Les tests que j'ai effectués l'ont été avec VirtualBox et Mac OS X 10.6 (CDROM d'installation Apple). OS X 10.9 (Mavericks) n'est pas fourni en CD, il est téléchargeable sur l'Apple Store.

La version Macintosh de Virtualbox permet de choisir, lors de la création d'une VM, entre les différentes versions OS X supportées (OS X 10.6 à 10.9).

Lors du boot dans la VM créée sur le CD OS X 10.6 d'origine, l'écran gris avec la pomme n'apparaît pas.

Les écrans qui s'affichent sont d'une part des messages EFI, puis des messages terminal comme le démarrage en Single-user (pomme S).

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Avant l'écran d'installation « Installer Mac OS X », il faut attendre un long moment avec les messages terminal, contrairement à une installation Mac OS X standard où l'écran gris avec la pomme fait apparaître un symbole tournant ressemblant au symbole de chargement youtube, montrant la progression du chargement. Une fois l'écran d'installation affiché, il faudra aller dans « utilitaire de disque » via le menu afin de formater le disque, car le système détecte l'absence de disque d'origine Apple (test du Firmware de disque).

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Le disque apparaît en couleur orange, comme les disques externes au lieu de la couleur classique grise. Cela n'empêchera pas l'installation.

Une fois l'installation terminée, il vous restera à restaurer vos données. Pour les applications, la copie des dossiers concernés depuis le dossier /Applications ainsi que les données du dossier ~/Library/Applications Support et ~/Library/Preferences suffisent pour certains produits. Mais cela est à gérer au cas par cas. Par ailleurs, les applications protégées contre la copie vont détecter le changement de « machine ». Il faudra réactiver celles-ci voire les réinstaller.

Je vous invite à vous rendre aux paragraphes III.B.5 et 6Time Machine (Macintosh) pour l'aspect sauvegarde/restauration.

III-A-6. Mac OS X 10.9 (Mavericks)

Apple ne fournit pas de CD d'installation d'OS X Mavericks. Celui-ci est récupérable sur L'Apple Store (Mavericks est gratuit), il se présente sous la forme d'une application destinée à mettre à jour des systèmes antérieurs (mais contient tout ce qu'il faut pour une installation complète). Il est possible d'effectuer une net install via Mac OS X Server.

Pour générer un media d'installation (clé USB ou disque dur externe), il faut formater le support avec l'utilitaire de disque en HFS+ avec table de partition Apple (en fait en GPT).

 
Sélectionnez
sudo /Applications/Install\ OS\ X\ Mavericks.app/Contents/Resources/createinstallmedia --volume /Volumes/nom --applicationpath /Applications/Install\ OS\ X\ Mavericks.app --nointeraction

nom correspond au nom du volume qui contiendra l'installation.

Il existe des utilitaires avec interface graphique automatisant cela.

III-A-6-a. Mac OS X Server

Le principe de migration est identique à la version standard, les versions Mac OS X Server intégrant une simple surcouche pour l'aspect serveur. Celle-ci intègre un serveur mail (Postfix, Cyrus/Dovecot selon les versions), un serveur Web (Apache/Php,Mysql), un serveur DNS (Bind), un serveur SMB (Samba), un serveur AFP (le protocole de partage de fichiers Apple), un serveur de Wiki, un serveur Ical (caldav), un serveur carnet d'adresse (CardDav), le tout utilisant OpenDirectory (l'équivalent Apple d'Active Directory s'appuyant sur OpenLDAP), etc., ainsi qu'une interface d'administration de tous ces services.

III-B. Les produits de sauvegarde

III-B-1. Acronis

Il existe plusieurs types de produits Acronis.

Les produits personnels :

  • Acronis TrueImage ;
  • Acronis Migrate Easy.

Les produits professionnels :

  • Acronis Backup et backup Advanced ;
  • Acronis Backup to cloud.

Vous verrez ci-dessous, une copie d'écran d'un boot sur CD Acronis généré une fois le produit installé sur un ordinateur. Il suffit d'aller dans le menu Acronis pour sélectionner le composant générant le CD.

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L'intérêt d'Acronis est l'option « Universal Restore » qui permet de restaurer avec des pilotes de périphériques différents de ceux contenus dans la sauvegarde. Cette option est idéale pour restaurer une sauvegarde sur un autre ordinateur et donc, dans une VM aussi. Acronis est le seul produit à ma connaissance possédant cette option.

Acronis est capable de sauvegarder des partitions Linux, mais je n'ai jamais testé cette option. Les dernières versions d'Acronis gèrent les VM.

III-B-2. Ghost

Je ne m'attarderai pas sur Ghost, car n'ayant pas utilisé les versions récentes, mais ce produit conviendra aussi bien que les autres.

Si vous souhaitez plus d'informations sur Ghost, je vous invite à consulter ce tutoriel de Viduc.

III-B-3. Sauvegarde par Clonezilla (Windows/Linux)

Clonezilla est une distribution Linux permettant de cloner ou de sauvegarder des partitions. Elle s'appuie sur Partclone et permet donc la sauvegarde des Filesystems suivants :

  • Windows : FAT12, FAT16, FAT32, NTFS, ETXFAT ;
  • Linux : EXT2, EXT3, EXT4, REISERFS, BTRFS, UFS ;
  • AIX/LINUX : JFS ;
  • Irix/Linux : XFS ;
  • VMWare : VMFS.

Voici les principaux écrans pour effectuer la sauvegarde, certains ont été sautés, ce tutoriel n'étant pas un tutoriel sur Clonezilla.

Sur l'écran ci-dessous, il faut sélectionner « device-image » pour sauvegarder la partition vers un fichier image, « device-device » servant à cloner la partition d'un disque à un autre.

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L'écran suivant permet de choisir l'endroit où sera stockée l'image. Les noms sont explicites.

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Les écrans suivants partent du principe que la sauvegarde sera faite sur un second disque dur. L'écran suivant montre la sélection du disque de stockage des images. Dans mon exemple, le disque ext2 sdb1 est le disque qui contiendra l'image ; le disque sda1 est le disque à sauvegarder contenant un Windows (partition NTFS).

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Sur les écrans suivant, le mode Beginner a été sélectionné. L'écran suivant permettra de choisir soit de sauvegarder, soit de restaurer.

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III-B-3-a. Exemple de sauvegarde

Une fois le choix de sauvegarder effectué, Clonezilla va demander le nom de la sauvegarde.

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L'écran suivant demande la partition (ou le disque selon le choix effectué) qui doit être sauvegardée. Le disque sélectionné pour stocker l'image n'apparaîtra pas dans la liste.

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En dessous de l'écran, apparaît un message précisant qu'un script correspondant à l'opération à effectuer a été sauvegardé dans /tmp/ocs-2014-06-01-23-img-2014-06-02-00-31 ; ce qui n'est pas pertinent dans notre cas, l'opération n'étant effectuée qu'une fois. Clonezilla demande également s'il doit vérifier le système de fichiers de la partition ou du disque à sauvegarder, et si l'image sauvegardée doit être vérifiée. Une demande de confirmation sera faite dans le terminal (pas dans un écran).

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Pendant la sauvegarde, vous aurez cet écran :

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III-B-3-b. Exemple de restauration

Les screenshots suivants partent d'un disque vierge dans la VM sur lequel sera restaurée l'image sauvegardée.

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Seul le disque contenant l'image de sauvegarde est visible, le disque sur lequel sera restauré celle-ci ne contenant aucune partition.

Les écrans suivants seront les mêmes que pour la partie sauvegarde.

Une fois la restauration lancée, une double confirmation sera demandée :

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Une fois la confirmation faite, la restauration s'effectue :

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III-B-4. Sauvegarde par Mondo Rescue (Linux)

Mondo Rescue est un logiciel dédié à la sauvegarde intégrant un live-cd.

L'installation ne comporte pas de difficultés particulières, les packages adéquats étant fournis pour l'installation du produit.

Il est également possible d'effectuer une sauvegarde bootable via Mondo Rescue. Celui-ci va alors générer un ou plusieurs DVD contenant la sauvegarde dont le 1er sera bootable.

E xemple d'utilisation :

Mondo Rescue doit être installé sur un système. Pour effectuer une sauvegarde Offline, il faudra donc l'installer après avoir booté sur un live-cd. .

Vous trouverez sur le site de Mondo Rescue les packages adaptés à votre distribution Linux. Les dépendances sont fournies.

Pour démarrer Mondo Rescue, il faut lancer la commande mondoarchive depuis le terminal.

Dans mon exemple, le disque à sauvegarder a été monté dans /mnt et le dossier où seront stockés les DVD dans /mnt2.

III-B-4-a. Exemple de sauvegarde

Le menu de sélection permet d'indiquer où effectuer la sauvegarde. Pour mon essai, j'ai choisi « hard disk », ce qui m'a permis de choisir le point de stockage des ISO de la sauvegarde. J'aurais pu les stocker sur le réseau (net mount), sur un streamer, ou les graver directement sur des DVD.

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Une fois « hard disk »  choisi, Mondo Rescue me demande où stocker les ISO. Si j'avais choisi DVD, il m'aurait demandé le chemin /dev du graveur.

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Mondo Rescue me demandera ensuite le type de compression (bzip2, gzip, lzo), puis le niveau de compression. Il demandera ensuite la taille maximale des fichiers ISO à générer, plus la taille est petite, plus il faudra de DVD. Un nom est ensuite demandé, et enfin le chemin du backup c'est-à-dire quelle zone doit être sauvegardée. Il est possible d'en sélectionner plusieurs. Dans mon cas, je choisis /mnt le point de montage de mon disque système, Mondo Rescue ayant été lancé dans ce cas depuis un live-cd.

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L'écran suivant demande les chemins à exclure, je n'en choisis pas. Mondo Rescue demande ensuite le chemin des répertoires temporaires, laissez ce qu'il propose. Mondo Rescue demande s'il doit sauvegarder les attributs étendus, ne sachant pas de quoi il s'agit, je sélectionne oui (je présume qu'il s'agit d'attributs étendus ext). L'écran suivant demande si l'on souhaite vérifier la sauvegarde. Sur l'écran suivant, Mondo Rescue demande si le noyau est sein, répondez oui. Ultime écran : la demande de confirmation.

La sauvegarde s'effectue, d'abord la création d'un catalogue :

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Puis le backup proprement dit :

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III-B-4-b. Exemple de restauration

Au boot du DVD, le démarrage en mode normal par la touche entrée est suffisant :

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L'écran suivant propose la restauration automatique, interactive, ou la comparaison entre la sauvegarde et le disque :

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La restauration automatique m'a permis de rebooter mon système tel qu'il était, Mondo Rescue s'occupant de créer les partitions, de restaurer les données et de réinstaller Grub tel que nécessaire.

III-B-5. Time Machine (Macintosh)

Time Machine est l'outil le plus simple pour sauvegarder son système sur Mac. Celui-ci effectue des sauvegardes incrémentales jusqu'à remplir le disque de sauvegarde. Il fait une sauvegarde toutes les heures, en gardant une sauvegarde par 24 heures, par semaine, par mois jusqu'à saturation du disque. Quand le disque est plein, les sauvegardes les plus anciennes sont supprimées automatiquement. Les derniers systèmes permettent de restaurer directement depuis une sauvegarde Time Machine lors de la procédure d'installation et également une sauvegarde multivolume (plusieurs sauvegardes différentes sur plusieurs volumes - exemple : une première sauvegarde sur disque externe, et une seconde sur Time Capsule).

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En cas de mise à jour système ou de réinstallation, Time Machine refera une sauvegarde complète. Si le disque dur est mis sur un autre ordinateur et que ce volume est sélectionné pour faire une sauvegarde, Time Machine conservera les sauvegardes de l'autre poste. Si l'on souhaite ne pas conserver les sauvegardes de l'autre poste, il faudra les supprimer manuellement.

Il est possible de sauvegarder sur le réseau. La Time Capsule est le produit Apple proposé approprié à cela.

III-B-6. Carbon Copy Cloner (Macintosh)

Carbon Copy Cloner permet également d'effectuer une sauvegarde bootable.

Pour que le support de sauvegarde soit bootable il faut que le message « This volume will be bootable » doit apparaître (comme sur l'image ci-dessus).

L'avantage par rapport à Time Machine est qu'il suffit de booter sur le volume contenant la sauvegarde (touche Alt au démarrage du Mac), pour retrouver son système tel quel et pouvoir travailler, il a plus d'options avancées que Time Machine. Time Machine est adapté à l'utilisateur standard, Carbon Copy Cloner, à un administrateur.

Il est possible de sauvegarder sur un volume réseau, mais de faire un clone dans ce cas-là.

III-C. Cas d'une machine en panne

Dans le cas d'une machine en panne, il est possible de la transformer en VM avec le principe de la migration à froid sous réserve d'un accès au disque dur.

  • La panne ne doit pas être une panne disque.
  • Dans le cas d'un disque SCSI ou SAS, il faudra une carte contrôleur permettant d'y accéder.
  • Dans le cas d'un RAID matériel, si la carte RAID est opérationnelle, on peut récupérer le contenu du disque.

IV. Migration « à tiède »

Dans la migration « à tiède », certaines étapes normalement effectuées par les produits prévus pour faire une migration à chaud devront être faites à la main.

Rappel des étapes de la migration :

  • création de la machine virtuelle ;
  • transfert du contenu de la machine physique dans la machine virtuelle tout en la laissant en production ;
  • tests sans arrêt de la machine physique une fois la copie effectuée ;
  • application du delta depuis la création de la VM ;
  • arrêt de la machine physique.

La création de la VM et l'application du delta seront faites manuellement.

IV-A. Windows

Voici quelques exemples de migration sous Windows :

IV-A-1. Disk2Vhd

disk2vhd, produit de Systernal, permet de transformer un volume en fichier .vhd ou en .vhdx, nouveau format utilisé par Hyper-V 3.0. Cet outil ne nécessite pas d'installation et gère le VSS (Volume Shadow-copy).

Ci-dessous, l'écran au démarrage de Disk2Vhd :

Image non disponible

Dans mon cas, je décoche le disque e:\ correspondant au disque qui contiendra le fichier .vhd. Je sélectionne le nom du fichier et son chemin. Je décoche vhdx (nouveau format hyper-V 3).

Ce fichier .vhd sera utilisable tel quel avec VirtualBox et Hyper-V après création de la VM. Pour VMWare, il faut utiliser d'autres produits ou faire une conversion. Le produit présenté ci-dessous permet d'effectuer une conversion, mais dans ce cas précis, il sera évidemment plus pertinent de l'utiliser directement.

IV-A-2. WinImage

WinImage est un shareware conçu pour lire ou écrire des fichiers image. Il permet de générer des images au format .vhd, .vmdk et .ima (format natif de WinImage). Il permet également la conversion d'un fichier .vhd en fichier .vmdk.

Dans l'exemple ci-dessous, j'ai converti le disque actuel (disque 0) vers un fichier .vmdk stocké sur le e:\ (disque 1 à l'écran). Il faut cocher la case « include non removable hard disk(s) »  pour voir les disques internes. Attention, il faut lancer WinImage en administrateur (une icône spécifique est créée lors de l'installation) pour accéder au disque en cours d'utilisation par le système. J'ai choisi la création d'un disque dynamique (disque à taille variable). Une fois l'opération effectuée, voici l'écran qui apparaît :

Image non disponible

L'écran suivant permet de demander quelle partition afficher dans l'écran suivant (même s'il n'y a qu'une partition, cet écran s'affiche) :

Image non disponible

En utilisant le format .vhd, l'image sera utilisable avec VirtualBox et Hyper-V ; en utilisant le format .vmdk, l'image sera utilisable avec VirtualBox et VMWare.

La création de la VM dans VMWare en reprenant le fichier image n'a pas posé de difficultés. VMWare m'a signalé que le vmdk était dans un ancien format et m'a demandé de soit le laisser dans le format actuel, soit le mettre à jour ; je l'ai laissé tel quel.

Sur l'écran suivant, WinImage affiche le contenu de l'image :

Image non disponible

IV-B. Linux

IV-B-1. Sauvegarde par dd

dd est une commande Unix permettant de dupliquer un fichier/périphérique vers un autre fichier/périphérique. Il ne travaille pas au niveau Filesystem mais au niveau secteurs disques. L'intégralité du disque est copiée. Si le disque fait 20 Go et qu'il est occupé à 50 %, l'image fera 20 Go.

Exemple de sauvegarde (avec /dev/sda ; le disque SATA) dans un fichier image monté dans /mnt :

 
Sélectionnez
dd if=/dev/sda of=/mnt/image.dd

Pour la restauration :

 
Sélectionnez
dd if=/mnt/image.dd of=/dev/sda

Il est possible de compresser et décompresser à la volée en utilisant gzip dans un pipe.

Sauvegarde :

 
Sélectionnez
dd if=/dev/sda | gzip > /mnt/image.gz

Restauration :

 
Sélectionnez
gunzip /mnt/image.gz | dd of=/dev/sda

Ce dump ne sera pas utilisable tel quel dans une VM, mais devra être converti en fichier image dans un format accepté par le logiciel de virtualisation utilisé.

Dans mon exemple provenant d'une VM, mon disque fait 4 Go de façon à optimiser le temps de traitement.

Image non disponible

Dans l'écran ci-dessus, on peut voir la progression de la sauvegarde en lançant dans un second terminal la commande kill -USR1 numéro de process de dd. Dans mon exemple, le numéro de process est 2030, obtenu via la commande « ps aux | grep dd ».

Une fois l'opération effectuée, je convertis l'image dd en .vmdk en utilisant l'utilitaire qemu-img fourni avec Qemu.

Vous pourrez installer Qemu depuis votre gestionnaire de package.

La commande de conversion :

 
Sélectionnez
Qemu-img convert -O vmdk svg.dd linux_hd.vmdk

Il est aussi possible de convertir l'image en vdi pour VirtualBox, et en .vhd pour Hyper-V.

Après installation de ce fichier vmdk dans une VM, le système ne bootait pas. J'ai démarré dans un live-cd et utilisé les commandes suivantes pour recréer le code d'amorçage.Le contenu du disque était accessible :

 
Sélectionnez
mount /dev/sdX /mnt          # montage de celle-ci en remplaçant le X par le bon numéro de partition
mount --bind /dev /mnt/dev    # lien symbolique du dossier /dev en cours d'utilisation vers le disque monté
mount --bind /dev/pts /mnt/dev/pts   # lien symbolique du dossier /dev/pts en cours d'utilisation vers le disque monté
mount --bind /sys /mnt/sys    # lien symbolique du dossier /sys en cours d'utilisation vers le disque monté
mount -t proc /proc /mnt/proc # Pour que Grub2 trouve /proc/mounts
chroot /mnt /bin/bash         # chroot dans disque monté
mount -a                           # montage des partitions dans le chroot
apt-get install grub-pc            # installation du logiciel Grub2 (sur le disque maintenant à la racine nécessaire si update-grub ne fonctionne pas)
update-grub                        # création d'un nouveau fichier de configuration : grub.cfg
grub-install /dev/sdX              # installation de grub sur le MBR

grub-install --force /dev/sdX      # --force nécessaire uniquement en cas de message d'erreur
umount -a
crtl-d                             # pour sortir du chroot

umount /mnt/{dev/pts,dev,sys,proc}
mount /mnt

Une fois ces opérations effectuées, la VM a booté.

IV-B-2. Copie système dans une image sans les secteurs inutilisés

Afin d'éviter de devoir copier les secteurs inutilisés, j'ai choisi une alternative ; j'ai créé une image à la taille occupée par mon disque et je l'ai transformée en disque pour VM.

Attention aux différents points de montage, si vous avez plusieurs partitions montées dans la racine / (exemple /dev/sda1 pour /, /dev/sda2 pour /home), il faudra soit prévoir plusieurs fichiers images, soit un fichier image de taille conséquente.

Voici la procédure :

dans l'exemple utilisé, le disque de la machine à virtualiser était un disque de 30 Go avec une partition de 20 Go en ext3 et une partition de 8 Go pour le swap, le reste étant inoccupé (secteurs libres). Mon disque ne comprenant que 3,6 Go de données, cette méthode m'a permis de générer un fichier image correspondant à cette taille et non pas une image de 30 Go avec 90 % de données inutiles (avec dd, tous les secteurs sont copiés, qu'ils soient occupés par un fichier ou non). Gain de place et de temps. dd sert à copier des blocs d'un périphérique vers un autre, ce périphérique pouvant être un disque, une partition, un fichier, dev/zero en source et en destination. Dans ce cas, dd va être utilisé avec /dev/zero en entrée pour créer un fichier remplis de 0 qui contiendra ensuite la partition, le Filesystem et la copie des fichiers pour le disque image de la VM.

Tout d'abord, il me faut connaître l'espace occupé.

Pour cela, j'utilise la commande :

 
Sélectionnez
df -h

L'option -h permet d'afficher les tailles de façon plus lisible (en Mo/Go/To plutôt qu'en nombre de blocs).

Dans mon exemple, l'espace occupé par le disque représente 3,6 Go, je vais arrondir à 4 Go.

Je pars du principe que mon disque dur virtuel aura une géométrie de 16 têtes, 63 secteurs par piste et 512 octets par secteur, le maximum possible en mode CHS.

Il me faut connaître le nombre de cylindres nécessaires.

Calcul :

16*63*512=516 096 octets. Un cylindre correspondra à 516 096 octets.

Nombre de cylindres nécessaires :

4 Go->4096 Mo->4 194 304ko->4 294 967 296 octets / 516 096 = 8322,03 cylindres

J'arrondis à 8400 cylindres.

Je crée le fichier qui contiendra mon image :

 
Sélectionnez
dd if=/dev/zero of=/mnt/linux.img bs=516096 count=8400

Le fichier linux.img créé dans /mnt fait 4,3 Go.

Je lance ensuite fdisk avec les options suivantes :

 
Sélectionnez
fdisk -u -C 8400 -S 63 -H 16 /mnt/linux.img

Explication des paramètres utilisés :

-u

Affichage des unités en secteurs et non en cylindres.

-C

Nombre de cylindres du disque.

-S

Nombre de secteurs par piste.

-H

Nombre de têtes par piste.

 

/mnt/linux,img : périphérique correspondant au disque.

Dans l'invite fdisk, voici les commandes à saisir :

  • o : création d'une table de partitions ;
  • n : création d'une partition ;
  • p : partition primaire ;
  • 1 : pour partition 1 ;
  • entrée : secteur de début par défaut ;
  • entrée : secteur de fin par défaut (couverture totale du « disque ») ;
  • p : affichage des partitions (il faut récupérer le secteur de départ de la partition pour les étapes ultérieures, dans mon cas : 2048) ;
  • w : enregistre la table de partitions et quitte fdisk.

Je relie ensuite mon fichier image au périphérique dev/loop0 :

 
Sélectionnez
losetup -o 1048576 /dev/loop0 /mnt/linux.img

L'option -o 1048576 permet de décaler le début du disque loopback de 2048 secteurs (2048*512=1 048 576) car ma partition débute au secteur 2048 comme vu dans fdisk avec l'option p.

Je crée ensuite mon système de fichier dans ma partition :

 
Sélectionnez
mkfs.ext3 /mnt/linux.img

Je monte ensuite celui-ci dans /mnt/hd (/mnt contenant mon fichier image, j'ai besoin d'un autre point de montage) :

 
Sélectionnez
mount /dev/loop0 /mnt/hd

Je copie ensuite mon système dedans :

 
Sélectionnez
cp -dpRx  / /mnt/hd

Explication des paramètres :

-d

Copie des liens symboliques en tant que tels.

-p

Conserve le propriétaire, le groupe, les permissions d'accès et les horodatages du fichier original.

-R

Copie récursivement les dossiers et sous-dossiers.

-x

Ignore les sous-dossiers membres d'un Filesystem différent de celui de départ de la copie.

L'option -x ne copiera pas le contenu de /home si celui-ci est sur une partition différente de /. Il faudra :

  • soit copier le contenu de /home avec par exemple :
 
Sélectionnez
cd /home
cp -dpRx  / /mnt/hd/home
  • soit effectuer la même opération dans un second fichier image.

Il faudra penser à mettre à jour le fichier /etc/fstab en conséquence pour que le point de montage de /home (notre exemple) soit concordant avec le /dev/sdX le contenant.

Je démonte ensuite le volume :

 
Sélectionnez
umount /mnt/hd

Je désactive l'utilisation de mon image avec /dev/loop0 :

 
Sélectionnez
losetup -d /dev/loop0

Si l'on crée l'image disque directement sans passer par fdisk (mkfs.ext3/mnt/linux.img et montage direct de celui-ci), celle-ci bootera (après conversion vmdk et après avoir fait les opérations GRUB), par contre aucune partition correcte ne sera vue (/dev/sda avec point d'exclamation dans gparted). Si on utilise fdisk directement sur le fichier et que l'on utilise ensuite mkfs sans utiliser losetup et l'option -o, mkfs va écraser la table de partitions et créer le Filesystem directement au début du fichier image.

La dernière étape consiste à convertir le fichier en vmdk/vdi/vxd comme vu précédemment.

Avant de booter sur la VM, j'agrandis le fichier image (avec les outils de l'hyperviseur utilisé) de façon à pouvoir ensuite agrandir la partition.

Pour VMWare Player, dans les réglages, il faut sélectionner la ligne « hard disk » puis sur la droite, dans « utilities », sélectionner « expand », puis « la taille du vmdk ».

Image non disponible

Pour VirtualBox, il faut en ligne de commande utiliser :

 
Sélectionnez
VBoxManage modifyhd "fichier.vdi"  --resize 30720

Avec 30 720 pour agrandir à 30 go (30*1024=30 720).

Pour agrandir un fichier .vhd, il est possible de le faire depuis les réglages de la VM Hyper-V.

Il est possible de le faire également avec diskpart :

 
Sélectionnez
select vdisk file= "fichier.vhd"
expand vdisk maximum=30720

Je n'ai pas testé l'agrandissement d'un fichier .vhd contenant autre chose qu'une partition Windows avec diskpart.

Lors du boot sur live-cd, j'agrandis la partition contenant mon système, je crée une partition pour le swap et j'installe GRUB comme vu précédemment.

Partition avant agrandissement :

Image non disponible

L'agrandissement de la partition se fait par un clic bouton droit sur la partition et sélection de l'option « redimensionner ». Pour créer une autre partition, il faut faire un clic bouton droit sur la zone non allouée (unallocated). Il ne faudra pas oublier de cliquer sur la flèche verte afin de valider les opérations.

Une fois GRUB remis, le boot sur le disque image s'effectue. Il faut vérifier que le point de montage dans le fichier /etc/fstab pour le swap soit bon, sinon il faut corriger. Cela n'empêchera pas le boot, mais générera un warning et il n'y aura pas de swap.

J'ai aussi remplacé le point de montage de / par /dev/sda1, ma partition vue depuis la VM en lieu et place du montage par UUID.

 
Sélectionnez
# /etc/fstab: static file system information.
#
# Use 'blkid' to print the universally unique identifier for a
# device; this may be used with UUID= as a more robust way to name devices
# that works even if disks are added and removed. See fstab(5).
#
# <file system> <mount point>   <type>  <options>       <dump>  <pass>
# / was on /dev/sda1 during installation
UUID=2b4889d6-1aeb-40df-a95d-36980dd0ac9a /               ext4    errors=remount-ro 0       1
# swap was on /dev/sda5 during installation
UUID=48a8e28b-541c-4bb5-bbcb-7f3cdd9a51a1 none            swap    sw              0       0
/dev/sr0        /media/cdrom0   udf,iso9660 user,noauto     0       0

IV-C. Finalisation avant arrêt machine physique

Avant l'arrêt de la machine physique, le Delta, depuis le début de la procédure, doit être recopié de la machine physique vers la VM. Par ailleurs, la machine physique et la machine virtuelle ne peuvent cohabiter sur le réseau avec la même adresse IP, il faut modifier la configuration d'une des deux, au moins temporairement le temps d'appliquer le Delta.

Pour les fichiers, cela peut être fait via rsync. Pour Windows, on peut utiliser un logiciel de synchronisation ou Deltacopy, l'équivalent rsync pour Windows.

Pour les bases de données, cf. ma remarque précédente.

V. Conclusion

La migration à froid est ce qu'il y a de plus simple. Le produit utilisé importe peu, utilisez celui que vous maîtrisez. Le choix de celui-ci aura les mêmes impacts que dupliquer les données sur un autre disque ou une autre machine.

Dans le cas d'une migration à chaud, je recommande l'usage de la solution proposée par le fabriquant de l'hyperviseur (VMWare converter pour VMWare, XenConvert pour Xenserver, etc.).

Les solutions telles que Double-Take MOVE ou PlateSpin sont plus pertinentes dans le cas d'environnement multi-hyperviseur ou une manipulation de P2V/V2V/V2P importante.

Les solutions de migration à tiède sont à envisager en dernier recours de par leur lourdeur de mise en place, par rapport à une migration à chaud avec les produits standards ou une migration à froid.

V-A. Retours d'expérience

V-A-1. Migration de mon propre poste

Je travaillais sur Windows XP à partir d'un Mac Mini vieillissant sous Mac OS X 10.5. Je bootais soit sur Mac OS (rarement) et par défaut sur XP. Je suis passé sur un Mac Mini dernière génération sous Mavericks (Mac OS X 10.9).

J'ai effectué un NtBackup de mon poste selon la procédure exposée au paragraphe III.A.1

Je n'ai pas récupéré mon profil Firefox. En investiguant, je me suis rendu compte qu'il y avait deux profils, dont mon ancien. Lors de l'installation du XP de base, j'ai installé Firefox, ce qui m'a créé un profil. Il m'a suffi de récupérer le contenu de celui-ci.

Autre souci, dans Outlook, j'avais bien tous mes mails mais plus le compte POP/SMTP que j'ai dû recréer. Je pense que ce problème vient du fait que mon fichier pst n'est pas placé à l'emplacement originel (dans %appdata%).

Après quelques jours d'utilisation, j'ai commencé à avoir des BSOD. En recherchant la source du plantage par les codes erreurs fournis, j'ai désactivé dans la base de registres les services en lien avec mon erreur (Intelppm, processor). Le problème a finalement été résolu en replaçant le disque virtuel en IDE au lieu de SATA. Je ne sais pas si le Mac utilise l'IDE Legacy ou non.

V-A-2. Sécurisation ancien serveur d'application comptabilité

Une société utilisait un vieux logiciel de comptabilité en 16 bits, donc incompatible avec les systèmes actuels en 64 bits s'appuyant sur SQL Server 2000 et aucun support d'installation fourni, plus de support produit non plus. Le logiciel a été remplacé, mais devait rester dans un premier temps accessible. Le poste XP supportant ce serveur a été sauvegardé via NtBackup.

Les postes XP ont été remplacés par des Windows 7. Le poste qui servait de serveur et de client est resté sur le réseau en serveur dédié, les postes clients se connectant ponctuellement dessus via une VM Windows XP installée sur leur Windows 7.

J'ai restauré le backup dans une VM, ensuite je l'ai nettoyé, enlevé les données bureautique, et gardé au cas où. La VM en fichier .ova faisait un peu plus de 4 Go (contre 40 Go de sauvegarde avant nettoyage).

Le serveur est tombé en panne. J'ai alors remonté la VM sur un des postes, l'utilisateur supportant le serveur a juste changé de VM pour utiliser le produit et doit démarrer celle-ci quand cela est nécessaire. Les autres utilisateurs "client" accèdent à la VM "serveur" comme auparavant.

V-A-3. Sécurisation poste VISTA

J'ai réparé un poste VISTA qui était planté. Le poste est reparti après un chkdsk puis un fixmbr et un fixboot. L'utilisateur n'ayant aucun des supports d'installation des logiciels utilisés, le système n'étant pas très stable et l'utilisateur souhaitant un nouvel appareil, j'ai virtualisé celui-ci.

VI. Remerciements

Je remercie Jipété. Le lien qu'il m'a fourni m'a permis de générer une partition correcte dans un fichier image. Je le remercie aussi pour sa relecture orthographique.

Je remercie LittleWhite et Viduc pour leur relecture technique.

Je remercie milkoseck ,FRANOUCH et f-leb pour leur relecture orthographique.


*le delta correspond aux modifications effectuées entre la création de la VM et l'instant T. S'il n'y a pas d'outil d'application de delta dans la solution employée, celui-ci devra être fait à la main par un logiciel de synchronisation par exemple. Pour les bases de données, une solution de réplication peut être envisagée, mais cela nécessite des compétences dans ce domaine.

  

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